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 La faune cambodgienne, encore riche mais... en sursis ?

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MessageSujet: La faune cambodgienne, encore riche mais... en sursis ?   Mar 30 Déc - 17:28

Il y a quelques semaines, des paysans alertaient une organisation de protection de la faune sauvage qu'un tigre avait attaqué un buffle. La nouvelle déclenchait chez les rares spécialistes au courant un immense espoir de voir enfin une trace du félin. L'animal se fait si discret qu'on en vient à se demander s'il habite toujours les forêts cambodgiennes. Inutile de vous faire languir plus longtemps... Une enquête a vite prouvé qu'il ne s'agissait pas d'un tigre. Alors reste-t-il des tigres d'Indochine au Cambodge ? Oui, disent les organisations de sauvegarde de la vie sauvage. Oui, disent les chasseurs. Au moins, sur ce point sont-ils d'accord. Les caméras de WWF (World Wild Fund for Nature) qui ont enregistré au Cambodge des images de tigre en 2007, confirment la présence de ce mammifère typiquement asiatique (Eh oui ! On ne trouve pas de tigres en Afrique). En revanche, combien reste-t-il d'individus ? Mystère.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe cet animal mythique dans la catégorie des espèces en danger, c'est-à-dire qu'il est confronté à un très haut risque d'extinction à l'état sauvage. Peut-être que la sous-espèce censée vivre dans les forêts du Cambodge mais aussi de Birmanie, du Laos, de Thaïlande, du Vietnam et de Chine, compte quelques centaines d'individus dispersés, mais au Cambodge même, les chasseurs tableraient sur moins d'une vingtaine... Véronique Audibert-Pestel, qui a achevé en 2004 un documentaire sur le trafic de tigre au Cambodge et préside aujourd'hui l'association Poh Kao , dresse un triste constat : "Il reste des tigres aujourd'hui, mais très peu à l'état sauvage. Il y en a même davantage en captivité chez des particuliers aux Etats-Unis que dans des zoos ! Sur neuf sous-espèces de tigres, trois ont déjà disparu."

Maudite pharmacopée traditionnelle
La présence d'un tigre ou d'un autre grand prédateur sur un site est le signe d'un écosystème préservé. Or au Cambodge, comme dans les pays voisins, les écosystèmes forestiers en prennent un coup. Des hommes coupent la forêt pour vendre le bois et cultiver les terres, détruisant l'habitat d'une faune et d'une flore précieuses. La chasse et le braconnage sont également le cauchemar des bêtes sauvages qui alimentent un commerce extrêmement juteux. Selon David Emmett, directeur régional du programme indo-birman à Conservation International ce commerce illégal rapporte assez en Asie du Sud-Est pour être classé juste après le trafic de drogue.

Les animaux capturés sont rarement consommés par les Cambodgiens, leur prix étant trop élevé. Ils sont revendus à l'étranger pour leur chair mais aussi pour approvisionner la pharmacopée traditionnelle. Le pangolin, par exemple, est recherché pour sa viande ou ses écailles, incorporées à des remèdes chinois. Un lot de 5 tonnes de viande de pangolin congelée (correspondant à l'abattage de plus de 1 400 bêtes) a été saisi au Vietnam le 22 décembre alors même que ce mammifère a été transféré cette année dans la catégorie "en danger" sur la liste rouge de l'UICN.

Au côté du pangolin, figurent les gibbons, dont la situation semble avoir empiré et les ours, toujours traqués. Leur bile est réputée guérir de nombreuses maladies mais elle doit être fraîche, donc prélevée sur un ours vivant. Nick Marx, conseiller de Wildlife Alliance auprès des sauveteurs cambodgiens et du centre de sauvetage et de soins de Phnom Tamao - géré par le gouvernement cambodgien et aidé techniquement et financièrement par Wildlife Alliance -, se souvient du sauvetage d'un jeune ours noir il y a quelques années : "Nous avons exploré la zone où il se trouvait, on y a découvert plus de 200 pièges ! Les pièges étaient extrêmement cruels et non sélectifs. Je me souviens que près de l'ours gisait le cadavre d'un muntjack. Après cinq jours, la partie de la patte blessée de l'ours était tellement infectée qu'il a fallu l'amputer chirurgicalement."

Un improbable retour à la vie sauvage
C'est aussi au centre de Phnom Tamao, situé à 40 km au sud de Phnom Penh, qu'a atterri Chhouk, un bébé éléphant retrouvé en février 2007 dans les montagnes du Mondolkiri avec une patte prise au piège. Chhouk, amputé d'une partie de sa patte, n'a aucune chance de retourner dans sa jungle natale. L'équipe qui prend soin de lui cherche actuellement des fonds pour lui construire une prothèse afin de lui offrir une vie au zoo similaire à celle des cinq autres éléphants déjà recueillis.

Parmi les animaux plus couramment confisqués se trouvent des tortues et des reptiles. La dernière grosse saisie date de novembre : près de 485 kg de tortues, de cobras et de pythons ont été retrouvés vivants, dans la province de Kandal, sur la route du Vietnam. Six mois plus tôt, une saisie quasi équivalente était opérée dans la province de Battambang. Pourtant, les treize sauveteurs de l'équipe gouvernementale d'intervention rapide pour la vie sauvage ("Wildlife Rapid Rescue Team"), des hommes dévoués et incorruptibles qui travaillent jour et nuit, savent qu'ils n'accèdent qu'à la surface de l'iceberg et que l'essentiel du trafic leur échappe, malgré les informations qui leur parviennent, malgré la hotline mise en place (012 500 094). Depuis la fondation de leur unité en 2001, ils ont récupéré entre 35 000 et 40 000 animaux vivants qu'ils ont relâchés dans leur habitat naturel lorsque c'était possible.

Les surprises de la nature
Heureusement, le quotidien n'est pas toujours synonyme de traque ou de mort. La forêt cambodgienne, la deuxième plus grande et plus intacte d'Asie du Sud-Est, réserve de belles découvertes. "Les scientifiques sont revenus sur le territoire cambodgien après la guerre, au début des années 2000, explique Tom Evans, conseiller technique de Wildlife Conservation Society (WCS). Pendant quarante ans, personne n'y avait mis les pieds et certaines espèces n'avaient jamais été observées."

Désormais, les chercheurs étudient à ciel ouvert des animaux et des plantes sur lesquels presque aucune donnée n'est disponible. Et le réservoir est immense. Mi-décembre 2008, un rapport de WWF a ainsi fait état de 1 068 nouvelles espèces identifiées par les experts scientifiques en l'espace de dix ans dans les six pays traversés par le Mékong : 519 plantes, 279 poissons, 88 grenouilles, 88 araignées, 46 lézards, 22 serpents, 15 mammifères, 4 oiseaux, 4 tortues, 2 salamandres et un crapaud.

Pour Peov Somanak, un responsable de l'équipe de recherche de Conservation International, le souvenir le plus fort de sa vie de chercheur est celui de la redécouverte de la loutre sumatrana (hairy-nosed otter), que l'on croyait disparue. Fruit d'une enquête minutieuse auprès des pêcheurs et des villageois, elle a fini par être identifiée et repérée au Tonlé Sap mais aussi le long de la côte cambodgienne. "C'est une chance incroyable en termes de protection !", se réjouit-il.

Les derniers sanctuaires
Un rapport de WWF publié ce mardi 30 décembre mentionne également que le sanctuaire de Phnom Prich héberge probablement une des populations les plus importantes de gibbon gabriellae (yellow cheeked gibbon), constituant l'un des derniers refuges pour environ un millier d'individus. De même, un rapport de WCS certifiait l'été dernier que la population la plus nombreuse au monde de langurs, ces primates aux couleurs étonnantes, également menacés, habitait le parc de Seima, dans le Mondolkiri.

Ces bonnes nouvelles ne doivent pas faire oublier que la densité d'une espèce sauvage s'observe à l'échelle de la région, les animaux ne connaissant pas de frontières. Les seules zones protégées cambodgiennes ne suffiront donc pas à préserver ces espèces.



Source : ka-set.info

Article complet et original.

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